
En 1539, François Ier signe une ordonnance dans un château au nord de Paris. Ce geste administratif — imposer le français à la place du latin dans les actes officiels — va durablement façonner la relation entre la France et sa langue.
En 1539, quiconque devait signer un contrat, comparaître devant un juge ou consulter un acte officiel dans le royaume de France se heurtait encore largement au latin. Non au français. Le latin demeurait depuis des siècles la langue du pouvoir, de l'Église et du droit.
La France, par ailleurs, n'était pas un pays linguistiquement unifié. On parlait l'occitan dans le Midi, le breton en Bretagne, l'alsacien à l'Est, le basque dans une partie du Sud-Ouest, et de nombreux parlers régionaux se partageaient le reste du territoire. Le français, quant à lui, restait essentiellement la langue de la cour, de l'administration royale et d'une frange septentrionale du royaume.
En août 1539, le roi François Ier appose sa signature sur l'ordonnance de Villers-Cotterêts. L'article 111 ne laisse place à aucune ambiguïté : les actes de justice doivent être rédigés en « langage maternel françois et non autrement ». Le latin se trouve ainsi écarté des procédures officielles, au profit d'une langue que le pouvoir royal entend rendre commune.
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